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mercredi 24 mars 2010

'Let's play Holi'

Le 1er mars, l'Inde a célébré Holi, aussi appelée la fête des couleurs, car on se poursuit en s'aspergeant d'eau colorée. C'est une fête hindoue, qui célèbre la victoire du bien sur le mal, comme beaucoup de fêtes religieuses. Cette fois ci le bien, est joué par Prahlada, un jeune dévot de Vishnu, tandis que le mal est représenté par son propre père, Hiranyakashyap. Hiranyakashyap est un démon a qui Brahma (un dieu central du panthéon hindou) avait accordé qu'il ne pourrait être tué durant le jour ou la nuit, chez lui ou en dehors de chez lui, ni sur terre ni dans le ciel...
Hiranyakashyap était devenu arrogant car il se croyait invincible, et donc meilleur que les dieux, mais son fils restait fidèle aux dieux. De ce fait, il décida de le tuer, mais aucun de ses plans ne marchaient, notamment parce que les dieux protégeaient le pieu Prahlada. Finalement, Hiranyakashyap demande à sa soeur Holika, de l'aider à tuer Prahlada. En effet, Holika avait elle aussi un pouvoir, elle ne pouvait normalement brûler grâce à un chale magique. Elle prend donc Prahlada sur ses genoux, et s'assoit dans le feu. Mais les dieux en décident autrement, et font s'envoler le chale, qui vient recouvrir Prahlada. Holika brûle, et Prahlada est sauvé. C'est donc la mort de Holika que l'on célèbre lors de la fête de Holi. (Hirankashyap a finalement été mis hors d'état de nuire mais c'est une autre histoire).


Etrangement, même si cette histoire n'est pas très joyeuse, Holi est certainement la plus amusante de toutes les fêtes. D'ailleurs, pour beaucoup d'hindous, elle rend hommage au dieu Krishna, qui comme vous avez pu le lire, n'apparaît pas dans cette légende! Comme dans beaucoup de culture, Holi marque une période de renouveau, et propose sous la forme de jeux un exutoire. Il s'agit là de s'asperger d'eau colorée.Prema, qui gère l'orphelinat, est chrétienne, et les fillettes pratiquent le christianisme, même si elles n'ont pas été converties pour celles qui sont hindoues ou musulmanes. Cette situation peu paraître étrange, voire choquante, et contraire au principe de laïcité. Toutefois en Inde, cette situation paraît normale. L'athéisme est difficilement concevable là-bas, en dehors de quelques cercles urbains, et le sécularisme consiste en une neutralité vis à vis de toutes les religions, mais en acceptant l'existence du divin. L'idée de ne pratiquer aucune religion est difficilement imaginable, comme ceux d'entre vous qui ont pu voyager en Inde ont du le constater, "what is your religion" étant souvent l'une des premières questions posées...Si les fillettes pratiquent le christianisme (protestant) en allant à la messe, elles célèbrent aussi la plupart des fêtes hindoues et certaines fêtes musulmanes. La directrice a expliqué aux filles que lorsqu'elles seront grandes, elles décideront seules si elles souhaitent poursuivre l'une ou l'autre des religions (ou plusieurs, comme cela se fait parfois en Inde), ainsi que les modalités de leur pratique religieuse. Prema souhaite que les filles connaissent les trois grandes religions de l'Inde, c'est pourquoi elle est ravie qu'un religieux hindou ait accepté de venir régulièrement raconter des histoires tirées de sa religion. Les religieux musulmans avec qui elle a discuté jusqu'à présent n'ont pas pu se rendre disponible pour venir expliquer leur religion aux fillettes. Lors de chaque temps fort de l'orphelinat (cérémonie d'ouverture, Noël, ...), la directrice a invité un religieux hindou, un religieux musulman et un pasteur, qui ont pu venir assister à l'événement côte à côte.



On the 1st of March, India celebrated Holi, also called the color »s festival as people traditionally splash colored water at each other. It’s a Hindu festival, which celebrates the victory of good over evil. More specifically, it celebrates the death of Holika who tried to burn to death her nephew, the pious Prahlada (In her defense, she did so on the request of the boy’s father, Hiranyakashyap, who was annoyed that her son would rather says his prayers to Shiva than to him). Though the story is not merry, Holi is certainly the most amusing and colorful festival. Actually, many Hindus consider that it’s a festival in honor of Krishna, though he does not appear in the initial story. Holi is one of the many festivals that celebrate spring around the world, from our western carnivals to the central Asian “norouz”…

Prema, who heads the orphanage, is Christian. So the girls practice many of the Christian rites, but they did not convert, for those who are Hindu or Muslim. This might conflict with secularism from a Western perspective. However, in India, this situation feels totally normal. Except for a few (often urban) exceptions, atheism is not professed in India, and secularism is based on the idea that there is god, or a divine entity, but that the different religions are equally acceptable and that the State should give the same support to all of them (even though this theoretical idea is not always perfectly implemented). Having no religion at all does not seem possible to the “aam admi” (‘the common man’), and as those who have travelled to India might have noticed “what is your religion?” is one of the first question people usually ask…

But though the girls practice many of the Christian rituals, they also celebrate Hindu festivals and a Hindu ‘holy man” comes to explain his religion to the girls, and Prema is trying to conclude the same sort of agreement with a Muslim cleric. Likewise, when the orphanage celebrates a specific event, such as its opening, Muslim, Hindu and Christian clerics are present and sit side by side…

mardi 16 février 2010

Une journée

L’école a lieu tous les jours du lundi au vendredi ainsi que le samedi matin. Typiquement, un jour d’école se déroule de la façon suivante :

JustifierIl est 6h, les fillettes s'éveillent...

- 6h : lever, brossage des dents (et oui, avant le petit-déjeuner !), douche, prière
- 6h - 6h30 : yoga à la maison

Visiblement, la posture du cobra n'a plus de secret pour les filles!

- 7h à 8h30 : soutien scolaire à la maison. En période d’examen, il s’agira de réviser les leçons précédentes apprises à l’école, et le reste du temps l’objectif est d’étudier en avance les leçons à venir à l’école
- 8h à 8h30 : petit déjeuner, changement des vêtements pour mettre l’uniforme de l’école, brossage des cheveux, un peu d’huile dans les cheveux (habitude locale), de talc sous les bras pour limiter la transpiration, et c’est parti pour l’école !

On s'entraide pour boutonner l'uniforme puis on fait la queue pour se faire masser le cuir chevelu à l'huile de noix de coco...

- 9h - 12h15 : école
- 12h20 - 13h05 : repas à la maisonEn rang pour le déjeuner: on attend le "curry" de légumes...

- 13h15 - 16h15 : école
- 16h20 - 17h : goûter à la maison, changement de tenue (enlever l’uniforme), et un peu de temps pour jouer Jeux d'intérieurs: certaines se concentrent sur les jeux de construction, tandis que d'autres les cachent dans leur robe...

Jeux d'extérieurs: la marelle, un jeu décidément universel

- 17h - 20h : soutien scolaire à la maison (jusqu’à 19h30 si l’électricité est coupée). Une fois par semaine, le soutien scolaire est remplacé par un cours de danse, dans le style « kuchipudi ». Une fois par mois, un prêtre hindou vient raconter des histoires issues de la religion aux enfants.
- 20h : repas
- 21h : coucher sous une grande moustiquaire toutes ensemble dans le hall de la maison au 1er étage, à côté des 2 « servantes » que nous vous avons déjà présentées.

Les samedi après-midi et les dimanches sont consacrés en partie à des jeux divers et variés, en partie à regarder des films en hindi à la télévision (dans l’objectif de leur faire apprendre la langue), en partie à se reposer. Le dimanche matin, les enfants vont à la messe protestante.

Cette description de la journée typique a du susciter un certain nombre d’interrogations, de l’organisation de l’école à la place de la religion, qui semble importante (notamment dans une perspective laïque « à la française », nous tâcherons d’y répondre très prochainement par des billets consacrés plus spécifiquement à ces sujets, mais si vous avez des questions « urgentes », n’hésitez pas à les mettre en commentaire.

THE DAILY ROUTINE AT THE ORPHANAGE

The children attend school Monday through Friday, and Saturday mornings.

6:00 – 6:30 Wake-up. Morning ablutions.

6:30 – 7:00 Yoga

7:00 – 8:30 Homework help . During exam times, review of school lessons. Otherwise, preparing new lessons.

8:00-8:30 Breakfast. The children then put on their school uniform, get their hair brushed and oiled (the custom is to put coconut oil on the hair) and they’re on their way!

9:00 – 12:15 School

12:15 – 13:00 Lunch at the orphanage

13:115 – 16:15 School

17:00 – 20:00 Homework ( only until 19:30, if the electricity is cut). Once a week, the homework period is replaced by a dance class, in the kuchipudi style. (Prema is herself an accomplished kuchipudi dancer.) Once a month a Hindu priest comes to tell the children stories from the Hindu tradition.

20:00 Dinner

21:00 Bedtime. All the children sleep under a big mosquito net in the big hall on the lst floor, with Lakshmi and Shivamma nearby.

Saturday afternoons and Sunday are days for different games, television films in Hindi, partly to improve the children’s language skills, and partly just for fun.

Sunday mornings the children go to local church services.

This presentation of the daily routine must have generated some further interrogations ; how does school works? what is the place of the religion (which seems quite important)? We will try to propose some answers soon on this blog. But if you have some questions which cannot wait, you can post them in the comments, and we will try to answer them!

mardi 19 janvier 2010

Le temps des bilans, et des projets!

Avec les enfants de l'orphelinat, toute l'équipe de Siwol tient à vous présenter ses meilleurs voeux pour 2010. Nous vous avons déjà dit beaucoup de choses sur l'orphelinat, ses habitants et son mode de fonctionnement. Il est temps de vous parler du nerf de la guerre... l'argent!


Les dépenses de l'orphelinat sont très variées; alimentation, santé, salaires du personnel, frais de fonctionnement, etc. En moyenne, nous avons calculé qu'il faut dépenser 30 euros par mois et par enfant, soit 420 euros par mois pour les 14 filles de l'orphelinat, soit approximativement 25,000 roupies... Bien sûr, l'orphelinat n'étant ouvert que depuis le mois de mai dernier, nous sommes encore sur des premières estimations, en sachant que ces chiffres vont s'affiner lorsqu'il sera possible d'analyser le budget sur 12 mois. Un bon tiers des dépenses part dans les frais de scolarités, et un autre tiers dans l'alimentation. Le dernier tiers se compose des dépenses de santé, des salaires, de l'électicité, du téléphone, du gaz et du reste. 420 euros par mois pour un orphelinat de 14 petites filles peut sembler être une somme assez modeste, mais les échelles de prix ne sont pas les mêmes en Inde et en France. Par ailleurs, la directrice de l'orphelinat s'organise pour réduire au plus serré chacune des dépenses. Par exemple, les frais de santé ne sont constitués que des médicaments, dans la mesure où elle a pu négocier avec les médecins du village qu'ils contribuent au projet en ne faisant pas payer leurs consultations.


Depuis le lancement de l'orphelinat l'an dernier, SIWOL verse à l'orphelinat une somme permettant de 'parrainer' 5 des 14 enfants, grâce à nos généreux donateurs. Les autres enfants sont parrainés par des personnes en Inde, en Angleterre et en Allemagne.


Nos objectifs pour 2010 sont les suivants :

- réussir à parrainer plus d'enfants (probablement entre trois et six), ce qui permettrait à l'orphelinat d'accueillir 6 nouvelles pensionnaires pour la rentrée scolaire prochaine, c'est-à-dire en avril/mai.

- participer à la vie de l'orphelinat via la venue l'été prochain en Inde de 6 étudiantes ayant des projets écologiques et artistiques

- continuer à animer ces publications régulièrement.


Pour terminer, il nous faut remercier tous ceux qui nous ont permis à participer à l'aventure de l'orphelinat. Si certains d'entre vous souhaitent nous aider en mettant en place un virement ou via un don, n'hésitez pas à prendre contact avec nous via "siwol@laposte.net". Encore un grand merci à vous tous.

L'équipe Siwol : Chloé, Christelle, Donatienne, Marie, Marie-Gabrielle, et Virginie (et comme vous avez pu le voir dans ces photos, toutes les petites filles de l'orphelinat se joignent à nous!)

In English:

Here is the latest news from the Ingrid Nava Jeevana Orphanage.

First, the team at SIWOL, along with the children, send their best wishes for 2010. We have told you many things about the orphanage, the children, and the way it functions. Now it’s time to talk about essentials – money!

The various expenses of the orphanage include food, health care, personnel salaries, and miscellaneous operating costs. We have calculated that the average monthly cost is 30 euros per child, a total of 420 euros a month (25,000 Rs. and $600) for the 14 girls. Since the orphanage has only been open since last May, these figures are based on averages for 8 months. A yearly budget analysis will be possible in May 2010. One third of the expenses go to schooling, one third for food, one third for medical care, salaries, electricity, gas, and telephone. 420 euros may seem like a modest sum, but the price scale differs between India and western countries. The orphanage’s director is constantly looking for ways to keep costs down. For example, medical expenses are limited to medicine because she has negotiated with the local doctors that they offer their services pro bono.

Since the founding of the orphanage last year, thanks to the generosity of donors in France, Great Britain and Germany, all fourteen girls have sponsors. SIWOL has contributed funds to sponsor five of the fourteen girls, the other nine girls are sponsored by donors in Great Britain, Germany and India.

Our objectives for 2010 are the following:
1. Find sponsors for three to six more children, which would allow the orphanage to admit six more children for the next school year (April-May).
2. Send six students to India next summer to work with the children on ecological and artistic projects.
3. And, of course, continue this blog


In closing, we would like to thank you again for your generous support without which this project would not go forward.. If anyone wishes to contribute via a bank transfer or a contribution, please contact us at: siwol@laposte.net .

mardi 8 décembre 2009

'Festive season'! - la saison des fêtes


Le 17 octobre les Indiens, ou plutôt les hindous, célébraient Diwali, tandis que le 14 novembre, l'Inde toute entière fêtait l'anniversaire d'un des héros de son indépendance, Jawaharlal Nehru. Nous allons donc vous présenter ces fêtes et la façon dont les enfants les ont célébrées.

Les fêtes, religieuses comme civiles, sont très fréquentes en Inde, où elles sont généralement désignées comme « festival ». En effet, aux fêtes « laïques » telles que l’Indépendance, l’anniversaire du Mahatma Gandhi, etc., s’ajoutent les fêtes des différentes religions que compte l’Inde. Fêtes hindoues, musulmanes, sikhes, chrétiennes… La période qui va de la fête de l’indépendance (le 15 août) à Noël est particulièrement chargée en fêtes et on parle généralement de la ‘festive season’, d’autant plus que c’est également la période privilégiée des mariages ‘shaadi season’, notamment du fait des températures plus clémentes.

Diwali est une de ces nombreuses fêtes, elle peut marquer différentes choses selon les sectes hindoues, les familles, et les régions. Cette fête commémore d’une façon générale, la victoire du bien sur le mal, de la lumière sur les ténèbres. C’est pourquoi de petites lanternes ou bougies, les ‘diyas’ sont allumées. Pour beaucoup d’hindous, diwali marque un épisode du Ramayana (une des grandes épopées hindoues). De façon très résumée, cette épopée raconte comment Sita, la femme de Rama (un des avatars de Vishnu…) a été enlevée par Ravana, un démon, qui l’a emmenée à Lanka. Par la suite, Rama, aidé de son frère et d’un singe, Hanuman, tue Ravana, et ramène son épouse à Ayodhya. C’est leur retour que Diwali commémore. Mais pour certains hindous, c’est avant tout la fête de Lakshmi, déesse de la fortune. Il faut donc nettoyer sa maison, et faire une cérémonie afin d’attirer Lakshmi, et donc la fortune… En tous, les cas, c’est une fête très lumineuse, mais aussi très bruyante, car les Indiens n’apprécient rien de plus que de célébrer cela à coup de pétards et de feu d’artifice. Une des visions les plus surréalistes que Delhi peut offrir est une balade au petit matin qui suit Diwali, la ville est alors couverte de la poussière des pétards…
Les 'diyas' de Diwali

Pour la première fois de leur vie, les petites filles ont pu fêter Diwali en utilisant des "crackers", des petits feux d'artifices. Jusqu'à présent, chaque année, les petites filles regardaient jalousement leurs voisines faire éclater des feux d'artifices et autres pétards. Il ne manque qu'une des 14 petites filles, très malade, qui est partie se faire soigner à Bombay.

Les fêtes « laïques » sont un peu moins ferventes, mais néanmoins célébrées notamment par les écoliers, qui travaillent généralement sur ce sujet dans leur cadre de leurs cours. Le culte de Nehru et Gandhi (les pères de l’indépendance) est par ailleurs très répandu en Inde, et encouragé par toutes sortes de fondations, musées. Les petites filles ont appris ce 14 novembre la vie de Nehru et sa contribution à l'indépendance de l'Inde. Ce jour-là est un jour national, le jour des enfants. A l'école, l'école n'a eu lieu que la matinée, et à la place des cours habituels, les filles ont eu des explications autour de Nehru, et ont pu faire ensuite des danses et du sport.

In English:


On October 17 Hindus celebrate Diwali, and on November 14, the whole country celebrates the birthday of one of its heroes of independence, Jawaharlal Nehru. We are giving you some information about the way the children participate in these festivities.


Religious holidays, like secular ones, are frequent in India where they are generally called “festivals”. In addition to the non-religious ones, like Independence Day, the birthday of Mahatma Gandhi etc. are those associated with the different religions: Hindu, Muslim, Christian. There are many festivals between Independence Day (15 August) and Christmas, a period called the “festive season”, and the “shaadi season” because of the numerous weddings that take place. Diwali is one of these festivals. Diwali celebrations differ according to the various Hindu sects, individual families, and regions. As a general rule, it celebrates the victory of good over evil, of light over darkness. That is why tiny lanterns or candles, the “diyas” are lit. For many Hindus, Diwali refers to an episode of the Ramayana (one of the great Hindu epics) where Rama’s wife (Rama being an avatar of Vishnu), Sita is abducted by the demon, Ravana, who has taken her to Ranka. With the help of his brother and the monkey god Hanuman, Rama kills Ravana and brings his wife back to Ayodhya. It is her return that Diwali celebrates. But for many Hindus, thimportant festival is dedicated to Lakshmi, the goddess of wealth. One must clean one’s house, and have a special ceremony to attract Lakshmi – or fortune. There are lots of lights and noise since people pop firecrackers and set off fireworks.


For the first time in their lives, the little girls of the orphanage celebrated Diwali, setting off “crackers”, or small fireworks. Until now, they have been observers of the festival rather than participants, watching others having a good time.


The secular festivals are less exciting, but are nonetheless celebrated by schoolchildren. Gandhi and Nehru (the fathers of independence) are revered in India, and have attained a cult status, maintained by various civil institutions and museums. November 14 is a national holiday, and the children attended school only in the morning. Instead of the regular curriculum, they learned about the life of Nehru and his contribution to Indian independence. In the afternoon they were free for dancing and sports.

samedi 31 octobre 2009

L'équipe de l'orphelinat

Il nous paraissait important de vous présenter l’équipe de l’orphelinat, et comme sur nos autres ‘billets’, d’essayer de relier la situation de l’orphelinat à la situation en Inde en général. A ce sujet, nous voudrions préciser que nous ne prétendons jamais vous dire LA vérité sur la situation indienne. Plusieurs membres de notre équipe ont vécu en Inde, et travaillent en relation avec l’Inde. De ce fait, nous pensons avoir un point de vue privilégié, mais en aucun cas exhaustif. N’hésitez pas à donner le votre en commentaire.

L’équipe de l’orphelinat est constituée de 4 personnes : Prema, sa belle-sœur Suma, et deux « servantes » (maids), Lakschmi et Shivamma.

Prema:
Prema et les enfants lors d'une sortie en plein air....

A 42 ans, Prema est la directrice du projet, elle porte la responsabilité d’ensemble, manage sa petite équipe et supervise les différentes dépenses réalisées.

Suma:
Suma est la femme du petit frère du mari de Prema, un médecin. Avec son mari et ses 3 enfants, elle habite dans le voisinage et vient à la maison avant et après l’école. Elle organise le soutien scolaire des enfants, parfois seule, et parfois avec Prema en partageant les enfants en deux groupes. Elle est aussi en charge de superviser la prise des médicaments. Le matin, elle aide les enfants à se changer et à se préparer, en vérifiant qu’ils n’oublient rien !

Lakshmi et Shivamma:
Lakshmi prépare le repas

Lakshmi a 28 ans, elle est originaire du village d’à côté, à 4 km de la ville de Siruguppa. Son mari est décédé il y a quelques années, et ses 2 enfants sont morts de maladie. Shivamma est la plus âgée du groupe avec quelques 65 ans (approximativement). Elle travaille depuis plus de 25 ans auprès de Prema et l‘a aidée à mettre ses enfants au monde. Lakshmi et Shivamma ne savent ni lire, ni écrire (Lakshmi a appris récemment à écrire son prénom en Kannada et en Anglais). Toutes deux sont en charge de l’entretien au quotidien de la maison : laver les vêtements, la maison, faire la cuisine, la vaisselle, donner à manger aux enfants, les laver, les tâches ne manquent pas ! Le soir, Lakshmi et Shivamma dorment juste à côté des enfants. Si l’un d’entre eux veut aller aux toilettes, elles sont là pour s’en occuper.

Shivamma applique une lotion dans les cheveux des enfants

A la maison, il y a également Shiny, la fille cadette de Prema, actuellement en seconde (10th standard selon le système scolaire indien). Steffi, la fille aînée de Prema est à Bangalore (environ 10 heures de bus de Siruguppa), où elle suit des études d’infirmière. Elle revient à la maison une semaine tous les 2 mois environ. Le fils de Prema est décédé voilà maintenant 2 ans d’une leucémie. Quelques heures par jour une autre « servante » payée par la maison s’occupe de tout ce qui relève de la famille.

Il faut savoir qu’en Inde, le « personnel de maison » est beaucoup plus courant qu’en Europe, et à un statut un peu différent. C’est un système qui est en fait encore très féodal, ce qui peut parfois présenter des avantages, mais qui bien sûr, peut faire des domestiques, et en particulier des femmes, des victimes de différentes formes d’exploitation. Toutefois, cela peut avoir des effets positifs, il est ainsi très courant que toute une famille loge sur place, et entretienne donc des liens très forts avec leurs « patrons ». C’est ainsi le cas de Shivamma, qui travaille à l’orphelinat. Toutefois, certains aspect de la domesticité en Inde sont choquants du point de vue européen, ou à tout point de vue d’ailleurs. Les affaires de viols ne sont malheureusement pas rares, de même que le travail des enfants. D’après un rapport du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), 40% du personnel de maison serait constitué de jeunes filles âgées de moins de 15 ans. Ce problème ne suscite encore que peu d’intérêt en Inde (ou au Pakistan, ou d’après mes observations, la situation est similaire), mais j’ai pu noté dans les dernières années que la question commençait à être véritablement prise en compte (malheureusement suite à certains scandales retentissants).

Pour en savoir plus, un article du journal The Hindu:
http://beta.thehindu.com/business/Economy/article17867.ece

The staff of 4 at Ingrid Jeevana Nava includes Prema, Suma, and two helpers: Lakshmi and Shivamma. Prema, 42 is the organization’s director and manager. Prema has become a community leader through her work with Hosa Balu. With a degree in Social Work, she has been extremely successful in counseling individuals and families, even those who are not devadasis. She has two daughters: Steffi who is a nursing student in Bangalore, and Shiny, a junior in high school (10th standard in the Indian school system). Her son died tragically two years ago from leukaemia. Suma, Prema’s sister-in-law, is a mother of three, and lives in the neighborhood. She comes to the orphanage in the morning to help prepare the children for school, and is present when they return from school in the afternoon. Prema and Suma share the responsibility of overseeing the children’s schoolwork. Suma is in charge of administering any medication the children might need.

Lakshmi is 28, and comes from a village 4 kilometers from Siruguppa. Her husband and two children are deceased. Shivamma, 65, has been with Prema for more than 25 years, and even helped with the birth of her children. Both Lakshmi and Shivamma are illiterate. They are in charge of maintaining the house, cooking, dishwashing, laundry, feeding and bathing the children. They sleep with the children, so there is supervision at all times.


lundi 26 octobre 2009

Présentation des fillettes de l'orphelinat

Une de nos petites pensionnaires

14 petites filles ont rejoint l’orphelinat, elles ont entre 4 et 7 ans. Pour la plupart, il s’agit de petites filles de devadasis, autrement dit de prostituées sacrées (intouchables). La plupart de leurs mamans sont soit en phase terminale du sida, soit déjà décédées. Les quelques filles qui ne sont pas de familles de devadasis ont des histoires plus que lourdes : la maman est morte, le papa alcoolique qui ne travaille pas envoie la fille de 4 ans mendier autour des maisons entre 6h et 9h du matin, puis autour de l’arrêt de bus pour qu’il ait à manger et qu’il puisse se soûler… Il s’apprêtait à la violer quand des travailleurs sociaux du village sont intervenus, pour aboutir à un accord de sa part pour qu’elle séjourne dans l’orphelinat. Une autre passait ses journées à ramasser les légumes pourris jetés par terre sur la place du marché pour avoir de quoi faire la cuisine pour sa grand-mère et elle-même. Après check-up, il est certain aujourd’hui qu’aucune des petites filles n’a le sida (condition d‘admission à l‘orphelinat), et aucune n’a été violée.

D’une façon générale, la situation des femmes, et des fillettes est assez difficile en Inde, même s’il ne faut pas toujours sombrer dans les clichés. Toute personne qui a visité l’Inde a pu voir que les femmes étaient présentes dans l’espace public, elles ont investi le marché du travail, et les hauts niveaux de la vie politique. Toutefois, il n’en demeure pas moins, qu’une grande partie des femmes indiennes souffrent de discrimination à tous les niveaux, et ceci avant même leur naissance. D’après le dernier recensement (2001), les femmes ne constituent que 48% de la population indienne, ce qui est une anomalie démographique importante. Ceci est en partie dû au fait du phénomène du ‘foeticide’, c'est-à-dire la sélection des embryons males. La volonté d’avoir des fils est liée à de nombreux facteurs, tout d’abord, religieusement, il est nécessaire pour les hindous d’avoir un fils, car c’est lui qui doit allumer le bucher funéraire. Ensuite, les filles quittent la maison pour rejoindre la famille de leur époux, elles ne sont que des ‘invitées’ dans leur famille, et ne participeront pas (du moins dans la conscience collective) aux revenus du foyer, elles seront au contraire un coût, au travers du phénomène de la dot (don d’argent de la famille de la mariée vers celle du marié lors du mariage). Toutes ces raisons font que les parents préfèrent avoir un fils, et s’ils ne sélectionnent pas les embryons, les études montrent que les dépenses de santé sont moindres pour les fillettes, de même que leur taux de scolarisation.

Ceci explique pourquoi Prema a choisi de se focaliser sur les fillettes, à la fois parce qu’elles courent plus de danger en tant que filles de devadasis (notamment risques d’être prostituées), mais aussi parce que d’une façon générale, les petites filles indiennes partent avec moins de chance dans la vie. Ceci ne veut pas dire que la vie soit facile pour les jeunes garçons de ces milieux, mais Prema avait conscience que la mixité risquait de poser des problèmes d’ici quelques années (quand les enfants deviendront adolescents), à la fois à l’intérieur de l’orphelinat (les cas de harcèlements sexuels d’écolières par leurs camarades de classe ne sont malheureusement pas rares), mais aussi vis-à-vis de la pression sociale de l’extérieur, le statut social de ces fillettes étant déjà, en dépit de leur jeune âge, compromis.


Pour plus d’informations sur les filles en Inde :
Unicef :
http://www.unicef.org/india/media_3285.htm

Le site du recensement indien : http://www.censusindia.gov.in/Census_And_You/gender_composition.aspx

La Banque Mondiale :
http://www.worldbank.org.in/WBSITE/EXTERNAL/COUNTRIES/SOUTHASIAEXT/INDIAEXTN/0,,contentMDK:21476335~pagePK:141137~piPK:141127~theSitePK:295584,00.html

English version (abbreviated)

Fourteen little girls, between the ages of 4 and 7, have been admitted to the orphanage. For the most part, they are daughters of devadasis, otherwise called “sacred prostitutes,” untouchable women who are either in the terminal stages of AIDS, or already deceased. (N.B. A pre-admission medical examination guarantees that no child in the orphanage has AIDS, and to date, none of them have been raped.)The girls whose mothers are not devadasis, have come from other problematic backgrounds. One child’s mother is deceased, and the father, alcoholic and unemployed. He was sending his four-year old daughter to beg for money in the village between 6 and 9 in the morning to buy food and… alcohol. He was in the verge of raping her when the village social workers intervened, and convinced him to let her go to the orphanage. Another child, whose mother is also deceased, spent her days foraging for vegetables left on the ground from the village market, in order to feed herself and her grandmother.

Generally speaking, the situation of women and girls in India is problematic. Anyone who has visited India can see that women are highly visible in the public arena: in the workplace and in high levels of political life. However, a great number of Indian women suffer from discrimination, even before their birth. According to the last census (2001), women constitute only 48% of the total population, which is a striking demographic anomaly. This is in part due to “foeticide”, or choosing to eliminate female foetuses. There are several reasons why a male child is preferred. The first is religious: the son lights the funeral pyre. Secondly, when a girl marries, she leaves the home to live with her husband’s family, and is henceforth considered a “guest” in her parents’ home. She no longer contributes to the economic revenue of their household, and because of dowry obligations to her husband’s family, she becomes a financial burden. For all these reasons, parents prefer having sons, and if they don’t select the sex of the child, in average they will spend less money for the health care and the education of girls. For these reasons, Prema has decided to focus on the girl children, both because, as devadasi daughters, they are destined to become prostitutes themselves, and also because girl children in India are distinctly disadvantaged. This does not mean that life is easy for young boys from this social milieu, but co-habitation in the orphanage of boys and girls could pose problems in the future (when the children become adolescent), inside the orphanage (cases of sexual harassment by male classmates are not unusual), as well as outside, where the social status of these girl children is already compromised.


samedi 10 octobre 2009

Chloé à l'orphelinat - Sept. 2009

Depuis 2004-2005, mon année passée en Inde, je suis retournée deux fois à la rencontre de ces gens avec lesquels jai partagé une certaine tranche de ma vie, à savoir ma vingtième année.


Pour être très honnête, la première fois, il y a deux ans, ce fut une expérience de la frustration, et ce à double titre. Retournant sur place avec mon mari, je nai pas eu le sentiment de réussir à partager avec lui mon vécu, et il a pris en grippe lInde. Quant à moi, cherchant à adapter le voyage à sa présence, je nai pas pris le temps de partager du temps avec les gens qui métaient chers sur place. Bref, jen conclus que je reviendrais, mais seule.


En ce mois de septembre, cette expérience a été pour moi comme passer sous le rideau dune cascade : en un instant partir dun monde, le mien, pour pénétrer celui du village de Siruguppa. Maîtrisant désormais lessentiel des codes du quotidien et de la langue, je me glisse comme un poisson dans leau dans ce mode de vie autre, où lon mange avec les mains et dort par terre, où il ny a pas deau courante et les coupures délectricités récurrentes. Mais ne vous y trompez pas, de mon point de vue, le confort de vie est fort pour moi sur place : pas de cuisine, de vaisselle, de ménage et autres corvées du quotidien


Mon séjour avait deux vocations : retrouver les gens que je connaissais et faire un point sur lorphelinat qui a ouvert cette année dans ma famille daccueil avec 14 petites filles de 4 à 7 ans.


Premiers sentiments : une admiration pour la qualité de vie de lorphelinat, où les petites filles sépanouissent, sourient et rient entourées dénormément daffection. Je dois dire que je suis énormément fière davoir permis à nos donateurs dy contribuer. En finançant un tiers des dépenses de lorphelinat, avec Siwol nous sommes un contributeur majeur du projet. Rythme de vie, entre sport, jeux et études, le tout avec une hygiène de vie incroyablement incomparable avec celle de leur milieu dorigine et beaucoup dattention et daffection. Bien sûr, tout nest pas parfait, lorsque les finances seront un peu moins justes, lalimentation pourra être enrichie, et Prema la directrice nest pas un as du reporting précis et rigoureux, même si elle fait des efforts certains. Mais ce que jen retiens, cest quà leur arrivée, les enfants ne souriaient pas et ne parlaient guère. Quelques unes des petites filles étaient dans un état de santé si déplorable quon peut imaginer que selon toute probabilité, par carence de soins sans le projet elles ne seraient plus là. Alors constater leurs explosions de plaisir et leur faire des câlins ne peut que memplir de joie.


Côté retrouvailles, en revanche, pour moi cest plus difficile. La caractéristique première que je ressens de la pauvreté ambiante de la région, lune des plus pauvres de lInde, ça nest pas lalimentation carencée des uns et des autres, ni létat de santé déplorable de tous, si souvent malades et de manière parfois grave. Tout ca, je my fais, si lon peut sexprimer ainsi. Non, pour moi, la pauvreté cest la violence et la mort, le mari qui ébouillante le vagin de son épouse, lautre qui veut assassiner sa femme, et les morts en pagaille, qui du présumé futur prof de musique de lorphelinat, qui de la famille dune des orphelines, qui le voisin atteint du sida. Toutes ces femmes qui ont pleuré dans mes bras durant ces quelques semaines, qui pour beaucoup nen peuvent plus, et pour certaines pensent sérieusement à se suicider. Pour deux ou trois, les nouvelles sont bonnes, mais cest plutôt lexception que la règle. « Ce nest pas ton monde, non, ce nest vraiment pas notre monde », dit Olivier, mon mari. Oui, et après ?


Un grand cri dans le vide. Et puis plus rien.

English version:
I spent 2004-2005, my twentieth year, in Siruguppa, India. Since then, I have returned twice to see the people with whom I shared this important life experience. My first visit turned out to be quite frustrating. My husband accompanied me. He disliked India, and I was unable to share with him the meaning of what I had experienced in 2004-2005. I was so preoccupied with making things pleasant for him that it was difficult for me to interact with my Indian friends with whom I had become extremely close. I decided that next time I would return alone.

I returned to Siruguppa again this September. The transition from my easy and comfortable world to one where there is no running water, frequent power shortages, where people eat with their fingers and sleep on the floor, was radical. However, since I am now totally familiar with Indian customs, and speak the local language (Kannada) fluently, I no longer feel like a fish out of water. And there is a certain compensation for all this apparent discomfort in not having to cook, wash dishes, and do other domestic chores!

The purpose of my trip was two-fold: to see my Indian friends, and to take stock of the orphanage which opened this year in my host family’s home, an orphanage which currently has 14 little girls aged 4 to 7.

What first struck me is the quality of life in the orphanage. The little girls are lively and happy, and are blossoming in an extremely affectionate environment. When they first arrived, they never smiled, and hardly spoke. A few of them were in such deplorable health they probably wouldn’t have survived had they not been admitted to the orphanage. It warmed my heart to see them so happy, and so open to affection from others. The regimen of studies, games, sports, and proper hygiene, along with lots of attention and affection, is a far cry from the life they left behind. Of course, things are not perfect, but when finances are on a more sure footing, there will be improvements, such as in the children’s nutrition. I must say I am proud to have encouraged our donors to contribute. Siwol is the orphanage’s primary sponsor, financing one-third of its expenses.

Returning to Siruguppa was, however, not entirely happy. There is widespread poverty in the region ( one of the poorest in India), malnutrition, disease (primarily AIDS), and other serious health-related problems. I dare say this might almost be tolerable, but compounded with domestic violence and death, the situation is truly dire. A man wants to murder his wife, another one succeeds, a husband pours boiling water on his wife’s vagina etc. Many of the women I saw during my visit were desperate, and tearfully told me they were seriously thinking of committing suicide. For a few of them, life is looking up, but they are the exception not the rule. “It’s not your world, no, it is really not our world, says Olivier, my husband. Maybe, but so what ?
A big cry in the dark. And then nothing.

- Chloé-