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mardi 15 avril 2014

Parlons de religion

Bien peu d’Indiens se définissent comme athées. Le voyageur occidental s’étonne souvent au cours de son premier séjour dans le pays de voir un chauffeur d’autorickshaw arborer côte à côte sur son tableau de bord des vignettes représentant Jésus et Ganesh, ou la Vierge Marie et Shiva. Il lui faut quelque temps pour comprendre cette faculté qu’on les hindous de combiner, d’associer, les dieux de différents panthéons, considérant que, en matière de religion, abondance de divinités ne peut pas nuire ! Par ailleurs, la question religieuse croise celle de la caste, d’une grande complexité également, et dont nous parlerons dans un autre post.
Temple hindou à Hampi, Karnataka

La majorité des Indiens, environ 82% d’entre eux, sont hindous. L’hindouisme est une religion ancienne, mais le terme « hindou » est récent. Il a été apporté de l’extérieur par les Perses et repris par les Britanniques, qui à l’origine l’employaient pour parler de tous les habitants du sous-continent, quelle que soit leur religion. En effet, pour les « hindous », leur religion était le « dharm », terme qui signifie tout simplement « religion » ! En réalité, l’hindouisme, c’est un ensemble de pratiques, textes, rituels, etc. qui ne forment pas un ensemble cohérent, et qui a beaucoup évolué. Aujourd’hui, l’hindouisme reste une religion hétérogène, et vous trouverez des hindous qui considèrent leur religion comme un monothéisme, d’autres qui revendiquent des dizaines de dieux et déesses, des végétariens et des non-végétariens, etc. On peut donc difficilement définir cette religion.
Le Taj Mahal, à Agra (Uttar Pradesh)
La deuxième religion de l’Inde est l’islam, avec 13% de la population, ce qui fait de l’Inde le troisième pays musulman au monde. Les musulmans indiens sont en majorité sunnites.L’islam a donné à l’Inde certains de ses monuments les plus grandioses, comme le mausolée du Taj Mahal, joyau de l’architecture moghole.
La grande Mosquée de Delhi (crédit photo: B. R.-A.)
Les chrétiens représentent la troisième communauté religieuse du pays, avec environ 3% de la population indienne. Il existe de très anciennes communauté chrétiennes, mais aussi des convertis de plus fraiche date notamment dans les communautés dites tribales, mais aussi chez les anciens « intouchables », les dalits.
Une église près de l'orphelinat, au Karnataka (crédit photo: Siwol)
Numériquement, les sikhs arrivent juste après les chrétiens. Cette religion a été fondée à la fin du XVe siècle par le gourou Nanak, et est parfois présentée comme une synthèse de principes hindous et musulmans. Il s’agissait de réformer un certain nombre de pratiques religieuses et sociales, et notamment de rejeter la caste, même si comme dans presque toutes les communautés religieuses indiennes, le système de caste fonctionne toujours chez les sikhs, d’une façon certes différente de chez les hindous. Le centre religieux des sikhs est le Temple d’Or, qui se trouve à Amritsar, au Pendjab, dans le nord-ouest de l’Inde.
Le Temple d'Or (crédit photo: B. R.-A.)
La petite communauté jaïne (moins de 0,5% de la population) se concentre surtout dans l’Etat du Gujarat et à Bombay. Le jaïnisme est né en même temps que le bouddhisme, au VIe siècle avant JC, en réaction au système des castes. Les jaïns, végétariens stricts, tentent de respecter l’ahimsa, le principe de non-violence en actes comme en pensée.
Statut du Bouddha à Hyderabad, en Andhra Pradesh
 Enfin, bien que le bouddhisme soit né en Inde, cette religion a aujourd’hui presque disparu du pays (moins de 1% de la population). Jaïnisme et bouddhisme ont donné l’impression à une époque de pouvoir concurrence l’hindouisme mais c’est finalement celui-ci qui a pris le dessus et le bouddhisme s’est s’épanoui sous d’autres cieux (au Sri Lanka, en Thaïlande, en Chine…). On peut toutefois voir en Inde une bonne partie des sites bouddhiques les plus importants au monde, qui attirent les pèlerins par milliers.  A Bodhgaya, on visite par exemple le temple de la Mahabodhi, construit à l’endroit où Bouddha aurait atteint l’Eveil, assis sous un arbre. Par ailleurs, suite à Ambedkar, un grand leader dalit (« intouchable ») du 20ème siècle  et rédacteur de la Constitution de l’Inde, certaines communautés dalit se sont converties au bouddhisme pour protester contre la caste, qu’ils associaient à l’hindouisme. 
Bain sacré pour des hindous à Rameshwaram (Tamil Nadu) (crédit photo: B. R.-A.)
Outre ces religions, on trouve aussi en Inde des parsi (les anciens zoroastriens, venus de Perse) et une très petite communauté juive, autrefois beaucoup plus importante. A l’orphelinat, les petites filles sont majoritairement des hindoues castes et tribus répertoriées (deux catégories administratives, qui correspondent aux anciens intouchables et aux populations tribales), sauf deux petites musulmanes et deux petites chrétiennes (les chrétiens et les musulmans ont également une caste). Par souci de mixité, la directrice aurait bien aimé accueillir également des fillettes hindoues de « hautes castes », mais l'opportunité ne s'est pas présentée.

Lorsque des événements publics sont organisés par l'orphelinat, comme par exemple la représentation d'un spectacle préparé par des volontaires), la directrice invite à la fois les familles, des notables de la ville (banquier, personnel de l'administration, …) et des leaders religieux de toutes les religions. En général, il y a donc un pasteur protestant, un religieux musulman et un religieux hindou.


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