
En langue kannada (langue officielle de l'Etat du Karnataka), Hosa Balu signifie "nouvelle vie". L'objectif de ce projet était donc d'offrir une nouvelle vie à des prostituées "traditionnelles" ou "sacrées" que l'on appelle devadasis dans le sud de l'Inde.
Depuis juillet 2002 et pendant 6 ans, le projet Hosa Balu a travaillé avec les devadasis (prostituées sacrées du sud de l’Inde) pour améliorer leurs conditions de vie et, à terme, empêcher la transmission héréditaire de leur métier. Intouchables, femmes et sans appui familial, les devadasis cumulent les handicaps, ce qui fait d’elles une des populations indiennes les plus déshéritées. Dans la région d’action de Hosa Balu, (30 villages au total) elles sont ainsi 950, pauvres parmi les pauvres dans une zone déjà réputée pour son sous-développement.
Les objectifs de Hosa Balu à leur égard étaient doubles :
Enrayer la transmission héréditaire du statut et du métier de devadasis, ce qui passe par un double travail, avec les mères et avec les filles ;
Améliorer les conditions de vie des devadasis, tant au niveau de la santé, du travail, de l’éducation et de la représentation de soi.
La concrétisation de ces objectifs avait été mise en œuvre grâce à plusieurs stratégies.
Premièrement, une stratégie de responsabilisation et d’autonomisation : transmission de savoirs et de savoirs-faires, accompagnement, mise en relation avec des personnes-ressources.
Deuxièmement, une stratégie de collaboration avec le réseau local, pour améliorer l’accès des devadasis à ses facilités.
Enfin, une stratégie de mixité sociale entre devadasis et monde jusque là « extérieur. »
Différents programmes devaient permettre de concrétiser ces objectifs :
- micro crédit et formations professionnelles ponctuelles pour donner d’autres alternatives économiques aux devadasis
- formations de couture et formation diplômante d’infirmière pour les jeunes filles, et cours du soir et distribution de cahiers et livres aux enfants pour qu’ils puissent étudier.
La santé, problème-clef des devadasis, était un autre axe du projet : MST, malnutrition, hygiène déplorable, avortements répétés et faibles accès aux soins se conjuguent pour faire des devadasis l’une des populations à l’espérance de vie la plus faible. Face à un problème d’une telle ampleur, l’action de Hosa Balu ne peut être que marginale, mais passe néanmoins par deux stratégies : l’amélioration de l’accès au système de soins et la résolution des problèmes de santé des prostituées.
Hosa Balu était donc un projet dont les stratégies étaient clairement définies et dont l’action bénéficiait déjà d’une certaine ancienneté. Toutefois la directrice d’Hosa Balu a préféré clore l’association afin de pouvoir lancer un nouveau projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps…