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mercredi 22 octobre 2014

Portrait de Prema Kundargi, la directrice et fondatrice de l’orphelinat

Prema, la directrice a elle-même grandi dans un orphelinat dans le sud du Karnataka, à propos duquel elle ne tarit pas d’éloge. Elle se sent extrêmement redevable de tout ce que cet orphelinat lui a apporté, le soin qu’ils ont pris d’elle. Mettre en œuvre un orphelinat était le projet de Prema depuis une vingtaine d’années. Pour elle, l’objectif de l’orphelinat est d’entourer les fillettes d’autant d’amour qu’elle-même a pu avoir dans son enfance, et les faire grandir dans un environnement stimulant. Quand on voit la « transformation » depuis leur arrivée à l’orphelinat, c’est d’ailleurs assez épatant : par exemple, alors qu’elles ne souriaient même pas, et aujourd’hui leurs éclats de rire résonnent dans la maison ! 
Prema et les filles
 Prema veut aussi éviter aux filles tout ce dont elle a pu souffrir lorsqu’elle était dans son orphelinat. Par exemple elle restait seule sur place avec quelques autres enfants lorsqu’il y avait des vacances, et que les autres orphelins allaient voir leurs familles (oncles, tantes et autres). Aujourd’hui, pour les jeunes filles de l’orphelinat qui ne peuvent pas aller dans leurs familles, elle organise des activités (camps de vacances organisés par l’école par exemple). Elle a été élevée dans un orphelinat chrétien, mais elle regrette de ne pas avoir acquis une culture générale de base sur toutes les religions, d’où par exemple les invitations qu’elle transmet à des représentants de toutes les religions lorsque l’orphelinat organise des événements. Elle veut aussi développer les talents et goûts des filles, et les encourager à exprimer leur individualité, notamment parce qu’elle a le sentiment qu’elle n’en a pas toujours eu l’opportunité dans l’institution où elle a grandi. Forte de cette expérience, jour après jour, elle étudie patiemment les goûts et centres d’intérêts des jeunes filles, pour pouvoir les pousser à développer leurs talents, en ayant en perspective leurs études supérieures à venir.
On se relaxe avec les volontaires...
Prema est une personne très charismatique, qui exerce un leadership important sur Siruguppa et les environs. Elle est connue et reconnue pour aider à solutionner des problématiques de genre, et des personnes viennent régulièrement à l’orphelinat pour prendre ses conseils concernant différents problèmes personnels. Elle intervient également régulièrement auprès de groupes de jeunes, par exemple elle avait mis en place un spectacle de théâtre de rue qui parlait du sida et de la transmission du virus en s’appuyant sur une dizaine de jeunes hommes d’une vingtaine d’année. Elle joue également un rôle politique au niveau local et espère être un jour élue au conseil municipal ou départemental. Elle fait également partie des « aînés » de sa communauté religieuse (protestante), et à ce titre elle contribue à certaines prises de décision de son église (Church of South India), elle aide à dénouer certaines difficultés interpersonnelles au sein de sa communauté, et participe à l’organisation de mariages. Elle-même a eu 3 enfants, Steffi son aînée qui est mariée depuis l’an dernier avec un allemand, Kevin le second qui est décédé d’une leucémie il y a quelques années, et Shiny la cadette qui finalise ses études d’infirmière à Bangalore.

A portrait of Prema Kundargi, head and funder of INJ orphanage


An orphan herself, Prema grew up in an orphanage in South Karnataka; she is very grateful about the care and love she received there, as well as the things she learnt. Prema had three children, two daughters and a son; her elder daughter, Steffi, got married last year with a German man and now lives in Germany; Shiny, the youngest child, lives in Siruguppa at the moment but normally studies in Bangalore to become a nurse. Kevin, her son, died a few years ago from leukemia. Prema’s husband was the eldest of three children and thus he and Prema act as “seniors” towards this large family (brothers and daughters-in-law, nieces and nephews…).

Prema had been thinking about opening a home for orphan children for twenty years before she carried out her project. Her moto while setting INJ orphanage was to give the girls as much love as she received as a child and to make them grow up and flourish in a supportive and stimulating environment. And when one take a look at the girls’ changes since they joined the orphanage, it’s a great pride for Prema: the house is now filled with laughter whereas the girls barely smiled before.
Prema and the girls
While ruling the orphanage, Prema also tried to remember the things she suffered from and tries to avoid them. For instance, she used to be left behind during holidays: many children were sent to stay with their extended families, while she stayed with a few other children at the orphanage. Today, she organizes many holidays activities (summer camps...) for the children who stay at the orphanage so that they don’t feel left behind and sad. She is also careful to give the children an open approach to other religions, as she was raised in a Christian orphanage and regretted later not to know more the other religions; she thus sends invitation to all religious leaders when she organizes an event at the orphanage. Prema is attentive to let the children’s talents grow and she encourages them to express their own personality, especially as she regrets not to have benefitted from such a chance. She watches the girls’ moves, plays and interest so as to offer them an opportunity to develop their skills and prepare for their future.  
 
Discussing with volunteers
Prema is a well-known and charismatic personality in Siruguppa and people come to the orphanage on a regular basis to ask for her advices. She is very concerned about youths and she set up actions with young men such a street theatre play as a sensitization tool about HIV-AIDS. She is also engaged into politics in a local political party and hopes to seat at the local council one day. As many Indians, she is active in the religious sphere: she is protestant and belong to the Church of South India. A senior member, she contributes to decision making in her church and acts as a mediator in family and interpersonal conflicts.

dimanche 28 septembre 2014

Allons au cinéma...

Lorsque l’on pense au cinéma indien en France, on pense surtout au cinéma dit de « Bollywood », terme obtenu par la fusion entre Hollywood et Bombay, la capitale de l’État indien du Maharastra (aujourd’hui Mumbai). Ce terme renvoie à des films bien caractéristiques ; en hindi (ou plutôt en ourdou), généralement assez longs (il est courant d’avoir un entracte), et comprenant des numéros de chant et de danse. Les thèmes les plus fréquents sont les amours contrariées de jeunes gens, mais il existe de nombreux sous-genres (le film policier, d’espionnage, d’horreur.). Il s’agit d’une industrie cinématographique particulièrement prolifique (environ 1 200 films par an) et rentable. Elle s’exporte bien à l’étranger, que ce soit dans les autres pays de l’Asie du sud, au Maghreb et en Afrique mais aussi en Europe, où l’on croise de plus en plus de fans de Bollywood. 
Affiche du film Devdas (1955) de B. Roy, de nombreuses versions de cette tragédie existent, dans diverses langues indiennes
Bollywood est toutefois loin de résumer le cinéma indien. Il existe en effet bien d’autres types de productions cinématographiques ; des films d’auteur (qui ont parfois du mal à se faire une place), mais aussi une industrie cinématographique régionale, puisque l’Inde est un pays marqué par le multilinguisme. Ainsi, il existe une industrie cinématographique en kannada, la langue parlée au Karnataka, où se situe l’orphelinat. Les films sont produits à Bangalore, et on appelle cette industrie « Chandanavana » en kannada ou « Sandalwood ». Toutefois, à Siruguppa, les films diffusés sont souvent des films de Tollywood, c’est-à-dire en télougou. Cette industrie est plus développée, et les films sont considérés comme étant de meilleure qualité.
La ville de Siruguppa ne compte pas moins de 7 cinémas, avec des nombreuses séances tout au long de la journée. Les salles sont bondées, et les billets premiers prix étant accessibles, c’est un loisir populaire, rassemblant les familles d’ouvriers agricoles (familles très pauvres), comme la « classe moyenne ». Les « notables » quant à eux ne fréquentent pas les salles de cinéma, mais leurs enfants peuvent y aller. Les fillettes de l’orphelinat y vont parfois, en étant accompagnées de l’une des filles (majeures) de la directrice Prema Kundargi ou d’une partie de l’équipe de l’orphelinat. Prema estime qu'il ne serait pas convenable d'y aller, pour une femme de son âge et de son statut.
Affiche du film en télougou Attarintiki Daredi (2013) (c): Sri Venkateswara Cine Chitra.
Un peu comme à l’opéra ou au théâtre en France, il y a différents types de fauteuils, et donc de prix. Les rangées en haut (au «  balcon ») sont plus chères que celles du bas, et ne sont pas fréquentées par le même milieu social. Il y a aussi des rangées réservées aux spectatrices et toutes les femmes qui y vont entre amies (sans leur mari) s’y installent. Il ne serait pas jugé respectable pour elles de s’asseoir au milieu des hommes sans être entourée d’une présence masculine. Chloé, volontaire il y a une dizaine d’année à Siruguppa se souvient qu’elle ne pouvait s’assoir qu’au balcon, avec d’autres femmes. Les places les moins chères coûtaient alors environ 11 roupies. Sachant que les hommes journaliers pouvaient alors gagner 80 roupies par jour, et les femmes 40, le cinéma était accessible, mais représentait tout de même un budget important (si l’on y emmène toute sa famille).
Les séances de cinéma se font en deux temps, avec un entracte au milieu au cours de laquelle les gens s’achètent des snacks, du thé, voire de l’alcool de palme pour les hommes. Pendant le film, le public est loin d’être passif : cris, rires, encouragements criés aux acteurs, le spectacle est dans la salle autant que sur l’écran (même si aujourd’hui, dans les cinémas climatisés des grandes villes, on retrouve une ambiance beaucoup plus proche de nos salles françaises). Cette ambiance peut déconcerter au premier abord, mais elle fait aussi partie du plaisir du cinéma en Inde. C’est aussi (comme dans d'autres pays) un lieu de rencontre pour les jeunes gens, ce qui peut expliquer qu’à l’heure où de plus en plus de familles ont les moyens de regarder des films chez eux, et où les copies piratées circulent abondamment, le cinéma reste un lieu important de la vie sociale indienne.

jeudi 19 juin 2014

Un pays, 22 langues… au bas mot !

« Vous qui vous intéressez à l’Inde, vous parlez indien ? » On entend parfois cette question, mais malheureusement, pour parler « indien », il faudrait avoir appris au moins 22 langues ! Le hindi, le tamoul, le bengali, l’ourdou, le pendjabi, le kannada… Le pays compte en effet 22 langues reconnues par la Constitution. Si l’on prend en compte toutes les langues et dialectes répertoriés lors du recensement de la population, on arrive au chiffre vertigineux de plus de 1 600 ! Et bien sûr, ces langues s’écrivent souvent avec des alphabets différents.
Les devoirs de hindi
 Le hindi est certes la langue maternelle la plus fréquente en Inde mais il ne faut pas espérer être compris partout dans le pays en la parlant. Au sud de l’Inde, le hindi est peu utile, sauf si l’on a la chance de tomber sur des musulmans, qui parlent souvent l’ourdou, une langue très proche de l’hindi, mais qui s’écrit en caractères arabo-persans et non en devanagari, comme l’hindi. Schématiquement les langues d’Inde du nord sont des langues indo-européennes, cousines entre elles, alors que les langues du sud sont des langues dravidiennes. Les langues du nord sont des cousines lointaines du grec, ce qui les rend plus faciles à apprendre pour des Européens que les langues du sud. Par exemple, en hindi et en ourdou, « dix » se dit « das », « nom » se dit « naam ».
Après l’indépendance (1947), un accord avait été conclu pour faire progressivement disparaître l’usage de l’anglais dans les enceintes officielles au profit de l’hindi. Mais, plus de 60 ans après l’indépendance, l’anglais est toujours là, car beaucoup d’Indiens considèrent la volonté d’imposer l’usage du hindi comme une forme d’impérialisme du nord. Par ailleurs, l’enseignement supérieur se fait généralement en anglais, être anglophone est un marqueur social important, et recevoir une éducation en anglais dès le primaire est donc un avantage, d’où le choix de Prema d’envoyer les fillettes dans une école où l’anglais est la langue d’enseignement. Bien que l’écrasante majorité de la population ne parle pas anglais, de nombreux mots anglais viennent aussi s’immiscer dans les conversations en langues indiennes, de « school » à « computer science », en passant par « train ». 
L'orphelinat: un espace bilingue anglais-kannada
Le kannada, est parlé au Karnataka, et donc à Siruguppa où se trouve l’orphelinat. C’est donc la langue maternelle d’une majorité des filles (une d’entre elle a l’ourdou pour langue maternelle). Dans cette ville, on parle aussi anglais, ourdou, et télougou, une autre langue dravidienne (surtout parlée en Andhra Pradesh, État limitrophe). En effet, les cinémas de la ville projettent surtout des films dans cette langue et non en kannada, car la production cinématographique est plus développée dans l’Andhra Pradesh. 
Et on révise l'anglais
En ce qui concerne les filles de l’orphelinat, elles suivent donc une scolarité en anglais, mais dès la petite section de maternelle, elles ont appris à écrire dans trois langues (avec trois alphabets) : anglais, hindi et kannada. En dehors de l’école, les fillettes parlent surtout en kannada, mais la directrice Prema intègre quelques mots d’anglais dans la conversation de tous les jours. Elles ont pris également l’habitude d’utiliser l’anglais pour dialoguer avec les Européens en visite à l’orphelinat. Ces deux éléments sont fondamentaux dans leur apprentissage de l’anglais : leurs camarades de classe ont un vocabulaire impressionnant, en lien avec leurs méthodes pédagogiques basées sur le par cœur. Elles connaissent ainsi des termes très précis, mais elles ont du mal à utiliser la langue anglaise de façon spontanée. En revanche, les filles sont aujourd’hui assez à l’aise en anglais. 
Ce post a été en partie écrit par Béatrice, auteure du blog Sur les pas de Prakash.

dimanche 25 mai 2014

De nouvelles volontaires!

Cet été, deux volontaires enthousiastes, Candy et Lydia, se rendront à l'orphelinat pour mener un ambitieux projet, mêlant la danse et la vidéo!
Vous pourrez suivre en détail leur aventure, puisque leur idée est de créer, avec les filles, un "webdoc". Mais en attendant, vous pouvez dès maintenant en apprendre plus sur leur projet sur leur page facebook (clic) et leur compte twitter (clic). Vous serez impressionné.e.s...

mardi 15 avril 2014

Parlons de religion

Bien peu d’Indiens se définissent comme athées. Le voyageur occidental s’étonne souvent au cours de son premier séjour dans le pays de voir un chauffeur d’autorickshaw arborer côte à côte sur son tableau de bord des vignettes représentant Jésus et Ganesh, ou la Vierge Marie et Shiva. Il lui faut quelque temps pour comprendre cette faculté qu’on les hindous de combiner, d’associer, les dieux de différents panthéons, considérant que, en matière de religion, abondance de divinités ne peut pas nuire ! Par ailleurs, la question religieuse croise celle de la caste, d’une grande complexité également, et dont nous parlerons dans un autre post.
Temple hindou à Hampi, Karnataka

La majorité des Indiens, environ 82% d’entre eux, sont hindous. L’hindouisme est une religion ancienne, mais le terme « hindou » est récent. Il a été apporté de l’extérieur par les Perses et repris par les Britanniques, qui à l’origine l’employaient pour parler de tous les habitants du sous-continent, quelle que soit leur religion. En effet, pour les « hindous », leur religion était le « dharm », terme qui signifie tout simplement « religion » ! En réalité, l’hindouisme, c’est un ensemble de pratiques, textes, rituels, etc. qui ne forment pas un ensemble cohérent, et qui a beaucoup évolué. Aujourd’hui, l’hindouisme reste une religion hétérogène, et vous trouverez des hindous qui considèrent leur religion comme un monothéisme, d’autres qui revendiquent des dizaines de dieux et déesses, des végétariens et des non-végétariens, etc. On peut donc difficilement définir cette religion.
Le Taj Mahal, à Agra (Uttar Pradesh)
La deuxième religion de l’Inde est l’islam, avec 13% de la population, ce qui fait de l’Inde le troisième pays musulman au monde. Les musulmans indiens sont en majorité sunnites.L’islam a donné à l’Inde certains de ses monuments les plus grandioses, comme le mausolée du Taj Mahal, joyau de l’architecture moghole.
La grande Mosquée de Delhi (crédit photo: B. R.-A.)
Les chrétiens représentent la troisième communauté religieuse du pays, avec environ 3% de la population indienne. Il existe de très anciennes communauté chrétiennes, mais aussi des convertis de plus fraiche date notamment dans les communautés dites tribales, mais aussi chez les anciens « intouchables », les dalits.
Une église près de l'orphelinat, au Karnataka (crédit photo: Siwol)
Numériquement, les sikhs arrivent juste après les chrétiens. Cette religion a été fondée à la fin du XVe siècle par le gourou Nanak, et est parfois présentée comme une synthèse de principes hindous et musulmans. Il s’agissait de réformer un certain nombre de pratiques religieuses et sociales, et notamment de rejeter la caste, même si comme dans presque toutes les communautés religieuses indiennes, le système de caste fonctionne toujours chez les sikhs, d’une façon certes différente de chez les hindous. Le centre religieux des sikhs est le Temple d’Or, qui se trouve à Amritsar, au Pendjab, dans le nord-ouest de l’Inde.
Le Temple d'Or (crédit photo: B. R.-A.)
La petite communauté jaïne (moins de 0,5% de la population) se concentre surtout dans l’Etat du Gujarat et à Bombay. Le jaïnisme est né en même temps que le bouddhisme, au VIe siècle avant JC, en réaction au système des castes. Les jaïns, végétariens stricts, tentent de respecter l’ahimsa, le principe de non-violence en actes comme en pensée.
Statut du Bouddha à Hyderabad, en Andhra Pradesh
 Enfin, bien que le bouddhisme soit né en Inde, cette religion a aujourd’hui presque disparu du pays (moins de 1% de la population). Jaïnisme et bouddhisme ont donné l’impression à une époque de pouvoir concurrence l’hindouisme mais c’est finalement celui-ci qui a pris le dessus et le bouddhisme s’est s’épanoui sous d’autres cieux (au Sri Lanka, en Thaïlande, en Chine…). On peut toutefois voir en Inde une bonne partie des sites bouddhiques les plus importants au monde, qui attirent les pèlerins par milliers.  A Bodhgaya, on visite par exemple le temple de la Mahabodhi, construit à l’endroit où Bouddha aurait atteint l’Eveil, assis sous un arbre. Par ailleurs, suite à Ambedkar, un grand leader dalit (« intouchable ») du 20ème siècle  et rédacteur de la Constitution de l’Inde, certaines communautés dalit se sont converties au bouddhisme pour protester contre la caste, qu’ils associaient à l’hindouisme. 
Bain sacré pour des hindous à Rameshwaram (Tamil Nadu) (crédit photo: B. R.-A.)
Outre ces religions, on trouve aussi en Inde des parsi (les anciens zoroastriens, venus de Perse) et une très petite communauté juive, autrefois beaucoup plus importante. A l’orphelinat, les petites filles sont majoritairement des hindoues castes et tribus répertoriées (deux catégories administratives, qui correspondent aux anciens intouchables et aux populations tribales), sauf deux petites musulmanes et deux petites chrétiennes (les chrétiens et les musulmans ont également une caste). Par souci de mixité, la directrice aurait bien aimé accueillir également des fillettes hindoues de « hautes castes », mais l'opportunité ne s'est pas présentée.

Lorsque des événements publics sont organisés par l'orphelinat, comme par exemple la représentation d'un spectacle préparé par des volontaires), la directrice invite à la fois les familles, des notables de la ville (banquier, personnel de l'administration, …) et des leaders religieux de toutes les religions. En général, il y a donc un pasteur protestant, un religieux musulman et un religieux hindou.